Ce mercredi 15 mars fut l’un des trois points forts du Printemps des Poètes à Brouilla.

Les élèves de l’école, leurs professeurs, leur famille et d’autres personnes intéressées s’étaient donné rendez-vous dès 9 heures dans la belle salle de la Mairie.

L’Afrique et les Caraïbes avaient planté le décor, très coloré.

L’Afrique rêvée de Baudelaire, l’Afrique réelle de Rimbaud ouvraient grand leurs portes.

On pouvait aussi, sur de larges panneaux, à travers poèmes, dessins et photographies, découvrir l’œuvre de plusieurs poètes africains et antillais tels que L.S Senghor, J. Roumain, R. Depestre, A. Laabi…

Il fallait ajouter à cela une note de fantaisie et de surprises, et l’école a parfaitement réussi, par les créations des élèves, à réenchanter ce lieu : exposition de masques, de poèmes imaginés par les enfants, d’illustrations de textes…

Mais c’est véritablement de prestation orale des petits et des grands, tant attendue, qui a donné vie à cette salle.

Les poèmes furent dits avec conviction et aisance, ils n’étaient pas simplement récités mais vécus avec une sympathie manifeste pour les multiples facettes de ce continent africain si proche.

Gestuelle, diction, dessin, arts plastiques, en un mot, création : les élèves, sous la conduite de leurs enseignants passionnés et inventifs, ont donné le meilleurs d’eux-mêmes.

Et nous n’oublierons pas les dernières minutes de la matinée, vécues au plus profond de la savane africaine au cours desquelles toute l’école a chanté à l’unisson la chanson d’Henri Salvador, « Le lion est mort » !

Notez que l’exposition est visible aux heures d’ouverture de la mairie.

Monsieur le Maire, le personnel communal, les professeurs et leurs élèves, les bénévoles de la bibliothèque et les animateurs du Centre de Loisirs et du Temps Péri-scolaire ont contribué au succès de cette matinée riche en émotions.

Prochain rendez-vous poétique, le vendredi 24 mars, à partir de 18 heures, avec les enfants, leurs animateurs et les bénévoles de la bibliothèque municipale.

*****

A 24 heures d’intervalle, la salle de la mairie a vécu d’intenses émotions grâce au pianiste toulousain Nathanaël Gouin (le vendredi soir 17 mars) et au Duo Dix Vagues, la soprano Clémentine Decouture accompagnée du pianiste-compositeur Nicolas Chevereau (le samedi 18 mars).

Avant d’évoquer le récital lui-même, nous voudrions rapporter une rencontre privilégiée qui a eu lieu l’après-midi entre Nathanaël répétant son programme et les tout-petits de Maternelle venus découvrir l’exposition du Printemps des Poètes. Ces bouts de chou, sagement assis aux 1ers rangs, ont écouté fascinés, les yeux ronds et écarquillés, la musique puissante et aussi d’une grande douceur. Nous sommes sûrs qu’ils n’oublieront pas de sitôt ces quelques minutes volées à l’artiste !

Vendredi, 20h30 : Nathanaël Gouin a proposé un programme classique et d’autant plus apprécié. Après l’une des plus belles sonates de J. Haydn (n°31 en bémol majeur) où l’adagio atteint une extraordinaire profondeur de sentiment, succédèrent deux études de concert de F. Liszt aux variations thématiques d’une grande douceur.

Beaucoup d’entre nous ont découvert le compositeur russe Alexandre Scriabine (1872-1915) qui a fait de la sonate un poème aux épisodes et aux idées multiples.

La merveilleuse 3ème sonate de F. Chopin (1810-1848) fut introduite par Mr Jean-Yves Marinaro avec finesse et sympathie : en effet, déjà gravement affecté par la maladie qui devait l’emporter 4 ans plus tard, le compositeur a créé une œuvre étincelante de vitalité et d’énergie.

Le public a ressenti très intensément la concentration du pianiste, son exigence, sa puissance d’exécution exprimées pleinement tout au long de ce récital somptueux, et confirmés lors du bis final avec la musique de Claude Debussy.

*****

Samedi 18 mars : Musique et Poésie à l’honneur.

L’introduction émouvante et pleine de sensibilité de Madame Marinaro, évoquant les liens étroits entre les mots et la musique, a donné le ton à ce récital intitulé « Si mes vers avaient des ailes » titre extrait d’un poème de Victor Hugo.

Notre grand poète national aurait aimé que ses vers aient des ailes, mais ceux que nous avons écoutés avaient, par la voix de Clémentine Decouture, une légèreté aérienne capable de franchir les espaces et de s’inscrire durablement dans nos cœurs.

Clémentine Decouture vivait de manière très expressive chacune des mélodies ; tour à tour, triste ou grave (avec certains poèmes de Verlaine, espiègle, enjouée, rieuse (avec les poèmes de M. Carême et Max Jacob) et même quelque peu coquine (avec Louise de Vilmorin).

Mais Clémentine n’était pas seule ; elle forme avec Nicolas Chevereau, son pianiste et ami, un magnifique duo, le duo Dix Vagues, qui a enchanté toute l’assistance.

Par petites touches éclairantes, ce duo complice a su nous introduire dans l’univers de la mélodie française, incarnée par des compositeurs tels que Reynaldo Hahn, Gabriel Fauré, Claude Debussy, Maurice Ravel, Francis Poulenc.

Notons que Nicolas a composé la musique, alerte et entrainante, des poèmes de M. Carême, le tout très apprécié par le public.

Ce programme, accompagné par la lecture de poèmes, fut pour nous, comme un bain de jouvence, une « Heure exquise » :

« Révons, c’est l’heure.

                ….

                Un vaste et tendre

                Apaisement

                Semble descendre

                Du firmament

                Que l’astre irise…

                …

                C’est l’heure exquise. »

 

Paul Verlaine

 

 

*****Composition3Composition2

Vendredi 24 mars, le Printemps des Poètes prenait fin à Brouilla, avec la 3ème rencontre réunissant les enfants des T.A. P et du Centre de Loisirs, leur famille, les animateurs et les amateurs de poésie : bref, un public enthousiaste pour le plus grand plaisir de tous !

 

Au cœur de cette soirée, il y eut, bien sûr, la prestation des enfants.

Tout d’abord, un film a témoigné de l’efficacité de la Brigade d’Intervention Poétique (la célèbre BIP) verbalisant sans contestation possible, les parents automobilistes ! Action ayant eu lieu quelques jours auparavant.

Il fallait voir, sur une musique d’Ennio Morricone tirée du film « Il était une fois dans l’Ouest » les visages tendus et terriblement motivés des enfants pour se convaincre du sérieux de l’entreprise.

 

L’ASVP, Laëtitia, prit le commandement de la Brigade, et tout ce petit monde, se dirigea d’un pas cadencé et martial, vers les contrevenants.

Mais, la surprise passée, les « contraventions » furent acceptées de très bon cœur, car accompagnées de jolis poèmes et de sourires indulgents !

 

Puis, en cœur, les enfants avec de discrètes percussions, ont changé leur poème africain, l’Oiseau bleu, mis en musique par une animatrice, puis, ont dit avec conviction un second poème assurant avec humour que l’homme de couleurs … c’était un homme blanc !

 

Plusieurs adultes ont lu des poèmes français et africains et, en fin de soirée, nous avons reçu avec joie, un jeune poète de 17 ans, Samuel Sobraquès, venu spécialement de Prades, au terme de sa journée de lycéen et malgré l’obstacle d’une pluie diluvienne (le journal L’Indépendant avait publié plusieurs semaines auparavant un article le concernant qui avait retenu l’attention des organisateurs).

Ce fut un moment précieux de partage autour de Sam, rayonnant d’une vie intérieure douce et intense.

 

Son recueil de poèmes « Si… » édité par Cap Béar Editions, révèle une sensibilité fragile et forte à la fois, qu’il a exprimée à travers la lecture de quelques vers.

 

Nous remercions bien sincèrement les animateurs et animatrices qui tout en préparant un spectacle poétique ont créé avec les enfants de lumineux panneaux exposés auparavant à chaque entrée de village.

 

A l’année prochaine pour le Printemps des Poètes 2018.